De la forêt au plancher

Je suis une fille de ville assumée et bien dans un environnement où la vie va vite et où le bruit de fond est omniprésent. Mais sortez-moi de la ville et je me découvre des racines profondes, un attachement à la terre qui nous nourrit, nous habille et nous aide à faire des abris qui nous protègent des intempéries, des maisons chaleureuses, confortables et avec du style.

J’ai donc accepté avec beaucoup d’engouement l’invitation de Home Depot d’aller visiter l’un de leurs fournisseurs québécois de planchers de bois franc, dans la belle campagne de l’Outaouais.  Pour m’évader, le temps d’une journée, de la ville mais surtout pour apprendre comment des essences de bois locales sont transformées pour devenir un plancher. Parce que ça j’en ai vu un et puis un autre, mais jamais je ne me suis vraiment posé la question sur comment c’était fait.

C’est donc par une belle journée chaude et humide (rappelez-vous de cette météo, elle sera bientôt importante) que Johanne Guérin, une formidable employée de la compagnie, et moi avons entrepris la route vers Papineauville. Parlant de la compagnie, j’ai appris que Lauzon – Planchers de bois exclusifs inc. a acquis Planchers Dubeau en 2001. Lauzon est une entreprise fondée en 1985 par Monsieur David Lauzon et dont il est toujours le propriétaire unique. Cette entreprise est un employeur important dans tous les villages où sont situées ses usines: St-Sixte, Papineauville, Thurso, St-Norbert & Maniwaki. Déjà, je suis impressionnée. Ce n’est pas tous les jours qu’on voit un beau succès québécois qui aide les communautés à prospérer.

La forêt

Mais revenons aux planchers… et à notre météo. Nous avons donc débuté la visite à St-Sixte, à 20 minutes de Papineauville dans une forêt appartenant à la famille Lauzon et où Michel, le gardien forestier, nous a expliqué le processus de “cueillette” des arbres qui deviendront plancher. Les mouches noires et moustiques étaient au rendez-vous, je peux vous le dire, et c’est peut-être le seul moment de la journée où je me suis ennuyée de ma ville en macadam. Vive le Deet (Merci Johanne)!  Les cheveux attachés, les manches remontées pour ne pas avoir trop chaud et le chasse-moustique abondamment appliqué, c’est là que j’ai appris que la compagnie possède et gère des terres forestières qui s’étendent sur deux millions d’acres, la majeure partie d’entre elles en Outaouais. La saine gestion de la forêt, fondée sur un cycle de 25 ans, nous garantit une sécurité d’approvisionnement en matières premières renouvelables et de la meilleure qualité.

“Au cours de notre cycle de 25 ans, nous utilisons moins de 30 % des arbres sur une superficie de 2,5 acres afin de favoriser la croissance de jeunes pousses. En permettant aux arbres plus jeunes et plus vigoureux de pousser, de par notre méthode de culture en jachère et nos processus de jardinage, nous nous assurons de garder la forêt en meilleure condition pour les générations à venir.” – Michel le gardien forestier & Planchers Lauzon

Les arbres surtout utilisés pour la fabrication de planchers sont: l’érable à sucre (et non argenté) pour sa dureté, le chêne rouge & le merisier bien que la forêt regorge d’autres espèces qui ne sont pas gaspillées mais plutôt cueillies à d’autres fins soit la fabrication de mobilier ou les pâtes et papier avec qui l’entreprise familiale possède des ententes.

La scierie

La balade en forêt terminée, nous voici maintenant à la scierie de Thurso où nous assistons à la première étape de la transformation des arbres. Casque orange “Home Depot” sur la tête, j’ai vu un casse-tête incroyable de convoyeurs menant à des scies immenses vers d’autres convoyeurs, du triage, encore des scies et ainsi de suite. Un système de passerelles en hauteur nous a permis de passer d’une machine à l’autre sans risque de blessure mais ce n’est pas la seule raison de leur existence. Le fait que toute la circulation se fasse en hauteur permet de récupérer toute la sciure de bois qui tombe au cours des nombreuses interventions et qui est ensuite récupérée pour fabriquer des granules de bois pour le chauffage, une autre compagnie appartenant à Lauzon. Ici, rien ne se perd.

Les séchoirs

De retour à Papineauville nous avons ensuite visité les séchoirs à bois. Une fois coupé en planches, le bois est laissé à l’extérieur pour une première phase de séchage naturel avant d’être introduit dans d’immenses séchoirs où l’humidité et la chaleur sont tellement intenses que j’ai à peine pu y mettre le pied 2 secondes, encore moins vous divertir d’une photo. La madame avait de la brume dans ses lunettes je peux vous le dire! Ça n’a l’air de rien mais cette étape est cruciale et demande beaucoup de précision car un bois trop humide pourrait se déformer alors qu’un bois trop sec craquerait.

La Vision & la finition

Les planches sèches passent de nouveau dans une série de convoyeurs et de scies de finition, sous l’oeil aguerri de leur Vision, des machines-robot ultra avancées qui font la fierté de l’entreprise québécoise. Le bois est trié mécaniquement et manuellement pour ainsi s’assurer de la qualité de chaque pièce qui en sort, les tenons et mortaises qui s’emboitent parfaitement, sont coupés dans les planches jusqu’à ce que finalement des palettes entières de planches parfaites soient envoyées à la finition où différentes teintures et finis sont appliqués pour satisfaire les goûts des consommateurs chez les détaillants dont Home Depot. D’ailleurs, j’ai hâte à l’arrivée d’un nouveau produit d’érable couleur Safari, au look oxydé par un processus spécial pour faire sortir ses notes minérales et grisonner (sans teinture) le bois. Le résultat est magnifique.

 

Vous le savez j’aime toujours encourager un produit québécois quand je peux et j’ai découvert dans les Planchers Dubeau non seulement un produit tendance et de haute qualité mais aussi une grande famille de gens dévoués et amants de la nature et ça, ben ça fait mon bonheur.